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Journée ALTERBIOTIQUE® Palmipèdes à Foie Gras à BAZAS

16 juillet 2019

Le 21 juin dernier, a eu lieu la Journée ALTERBIOTIQUE® Palmipèdes à Foie Gras à BAZAS (33). Cette journée de rencontres et d’échanges entre professionnels et acteurs de la filière, auparavant dénommée journée Biosécurité, fait désormais référence à la démarche du même nom débutée par le Réseau CRISTAL.

Au cours de cette matinée plusieurs membres du Réseau CRISTAL ont abordé les thèmes suivants :

  • La colibacillose en filière canard gras : du laboratoire à l’abattoir en passant par l’élevage.
    • Fabrizio TATONE (vétérinaire du Laboratoire RESALAB) a présenté la pathogénie de l’infection colibacillaire, le coût majeur de cette maladie pour la filière et les méthodes diagnostiques de laboratoire (sérotypage, étude des facteurs de virulence), d’autres équipements de pointe (Maldi-Tof et l’infra-rouge) sont proposés par RESALAB.
    • Vincent BLONDEL (vétérinaire SOCSA 32) a exposé l’intérêt médical et économique d’envisager la vaccination contre la colibacillose en élevage de canards mulards avec des gains de productivité et une baisse significative de l’usage des antibiotiques dans les élevages vaccinés. Deux options sont possibles : une vaccination à l’aide d’un vaccin commercial à l’aide d’une souche atténuée de coli O78K80, ou l’utilisation d’autovaccins.
    • Thierry MAUVISSEAU (vétérinaire LABOVET) a présenté les méthodes alternatives de traitement de la colibacillose. Il est notamment revenu sur l’utilisation de la phytothérapie, de l’aromathérapie, des prébiotiques… Parmi les plantes utiles en cas de colibacillose, il a présenté l’Echinacea purpurea aux vertus anti-infectieuses et immunostrimulantes ainsi que l’huile essentielle de Canelle de Chine pour ses qualités antibactérienne. C’est grâce au Phytogramme® qu’on peut choisir le produit le plus adapté ; il s’agit de mesurer le diamètre d’inhibition d’une spécialité à base d’huiles essentielles vis à vis d’un germe isolé au même titre qu’un antibiogramme.
    • Hélène ESQURIAL (vétérinaire SOCSA 40) a présenté l’ensemble des lésions associées à la colibacillose et leurs conséquences en abattoir en terme de retrait. Il faut être vigilant aux formes sous-cutanées qui se manifestent par des lésions fibrineuses qui infiltrent la peau et peuvent conduire également à un retrait partiel ou total de la carcasse. Des formations, effectuées par SOCSA AGRO et REASGRO, sont proposées aux techniciens d’abattoir pour repérer ces lésions et trier correctement les carcasses.
  • Un état des lieux sur la Maladie de DERZSY dans le Sud-Ouest. Suite aux analyses réalisées, Aurélie LELIEVRE (vétérinaire SOCSA 40) a montré que le virus circule toujours, a mis en évidence l’intérêt de maîtriser les sources de contamination dans un élevage et de vacciner contre cette maladie au couvoir et en rappel en élevage.

Aurélie LELIEVRE

  • Le pilotage métabolique du canard gras : apport de la biochimie sanguine et de l’échographie. Samuel SAUVAGET (vétérinaire LABOVET) a présenté les moyens par lesquels on peut aborder la physiologie du canard. La biochimie consiste en le dosage de substances sanguines révélatrices du fonctionnement interne d’un animal (paramètres hépatiques, rénaux, protéines, calcium, phosphore,…) ; elle peut avoir une valeur prédictive dans le cas de dosage de paramètres lipidiques en gavage (cholestérol, triglycérides,…). On peut utiliser d’autres paramètres en cas de boiteries, retard de croissance, picage, … Quant à l’échographie, elle permet de visualiser l’intérieur de l’animal sans avoir à le sacrifier. On peut mesurer l’épaisseur du foie en début de gavage : il existe une bonne corrélation entre la mesure du foie en début de gavage et le poids final du foie. Ainsi il a démontré que le pilotage métabolique participe à l’accompagnement technique.
  • Ensuite une partie sur l’hygiène a réuni plusieurs sujets :
    • Thierry MAUVISSEAU (vétérinaire LABOVET) a abordé les points critiques de la décontamination des salmonelles. Après avoir présenté les caractéristiques de résistance de la bactérie et les procédures de désinfection et les désinfectants les plus adaptés et les plus efficaces, il a soulevé les zones souvent oubliées dans la désinfection (tuyaux de chaine, chaine d’alimentation, trémies, extracteurs, bondes de vidange, écoulements d’eau, tracteur, pailleuse, balayeuse, sortie de parcours, plateformes, parc d’attente, abords, …). Dans ces cas de contrôles positifs après décontamination, on réalise un audit de décontamination.
    • Benoit SRAKA (vétérinaire LABOVET) et Mokrane MELLAL (vétérinaire VET&SPHERE) ont démontré l’intérêt de la détergence et de la désinfection dans l’assainissement de l’air ambiant d’une salle de gavage en utilisant un appareil, l’aérobiocollecteur. Cet outil permet de collecter un volume d’air ambiant à différents stades (avant et après nettoyage de la salle de gavage). Cela représente réellement ce que va respirer réellement un canard. L’étude a montré qu’il n’y avait pas de stérilisation de l’air ambiant malgré le nettoyage et la désinfection, que les streptocoques dans l’air sont des témoins et des traceurs de la persistance de matières fécales et que la persistance de moisissures peut avoir une incidence technique.
    • Virginie BILLIAULT (responsable technique et commerciale GÉOSANE) a exposé l’intérêt d’entretenir les circuits d’eau en période de vide sanitaire et en cous d’élevage en raison de la création de biofilms hydriques dans les canalisations. Par ailleurs, une analyse de l’eau bue par les animaux permet d’évaluer les paramètres bactériologiques et physico-chimiques. Un audit des canalisations est réalisé afin d’adapter le nettoyage et la désinfection. Le traitement de l’eau sera ajusté en fonction des résultats de l’analyse d’eau.

Enfin Charley BABIN (vétérinaire FILIAVET) et Bastien PRADEL (vétérinaire SOCSA 47 ) ont présenté l’étude qu’ils ont réalisée de février à mai 2019 sur le contrôle de l’ambiance d’un bâtiment dynamique de canards Prêt-à-gaver. Il s’agit du suivi de la température et de l’humidité grâce à deux capteurs placés l’un à l’intérieur du bâtiment et l’autre à l’extérieur. À partir des mesures relevées, ils ont calculé les transferts d’eau journalière : la quantité d’eau entrante, d’eau produite par les animaux et d’eau sortante. Ces valeurs ont été converties sous forme de graphiques et analysées. Ils en ont conclu que la température élevée dans un bâtiment permet une plus forte concentration d’eau dans l’air ; donc on peut extraire de l’eau même en cas de forte hygrométrie extérieure, les canards ne craignant pas une diminution modérée de température. Pour cela, il faut maîtriser le bâtiment qui limite l’extraction et ne pas oublier que la litière peut jouer un rôle de tampon à condition d’avoir une litière et un circuit d’air optimisés.

Charley BABIN et Bastien PRADEL

Hervé MORIN (vétérinaire directeur technique et commercial Laboratoire FILAVIE) a conclu la matinée en présentant son nouveau vaccin contre la NHEO (Néphrite Hémorragique Entérite de l’Oie) . Il a rappelé les caractéristiques de cette pathologie, son origine, son historique et les besoins des vétérinaires du sud-ouest qui y ont été confrontés ; par conséquent il a ainsi présenté les conditions de lancement du vaccin NHEO de chez FILAVIE (RCP FILAVAC.HNEG.K.) qui a obtenu une ATU.

En conséquence, cette matinée a permis d’aborder les thèmes de la démarche « ALTERBIOTIQUE® » à savoir l’utilisation raisonnée des antibiotiques, le bien-être animal, les performances économiques, les solutions alternatives et les actions mises en place dans les filières.

Le prochain rendez-vous a été donné au Congrès National ALTERBIOTIQUE® des 6 et 7 novembre à Nantes.

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